François Morel

Aujourd’hui on découvre une de mes références !

Homme de théâtre, de cinéma, de radio et de chanson, François Morel porte un regard mêlé de tendresse, d’humour et de nostalgie sur le monde. Il est de ces artistes qui éclairent les petites joies du quotidien. Son écriture illumine de petits souvenirs, des futilités, de belles choses. J’ai connu avec lui quelques larmes, aussi bien de rire que marquées d’une douce mélancolie. Or il faut savoir que je ris peu. Mais qu’a donc fait ce monsieur pour s’attirer ma sympathie ?

Je l’ai redécouvert par ses chroniques matinales sur France Inter. Si la plupart ne font que commenter l’actualité de manière cocasse (et parfois un peu trop potache à mon goût), certaines sont de petites pépites de poésie. Je dis « redécouvert » puisque ma grand-mère me faisait regarder les Deschiens quand j’étais plus petite.

Je pense à sa chronique sur le bonheur, qui déploie tout en douceur les clichés d’une vie simple et heureuse. Il n’y a rien d’original, mais c’est parce que la vie y est dépeinte, la vie telle que nous la vivons, avec nos amours, nos enfants, nos parents, nos projets, nos souvenirs.

Je me souviens aussi de son Ode à Luchini, en vers. (Déjà que Fabrice Luchini est un acteur que j’estime énormément, j’ai beaucoup ri.) Je trouve très beaux les gens qui parlent de choses qu’ils aiment, ils ont toujours un bon mot ou un trait d’esprit à nous faire partager. Je retiendrai celui-ci :

« En juin 2023 il reste un strapontin.

En haut du paradis, rangée X, place 20,

C’est derrière un pilier sans visibilité,

Je veux dès aujourd’hui déjà le réserver. »

Toujours sensible, je n’oublie pas Papa, une façon détournée de parler de politique. Il y évoque les désillusions de ces gens de gauche, de façon tendre et imagée. Belle chronique pleine d’émotion et de bon sens, qui n’oublie pas de lancer quelques petites piques l’air de rien.

J’aime aussi ses chansons. Parfois drôles, parfois mélancoliques (mais jamais pessimistes !), elles sont généralement toutes douces. Daniel Pennac fait même d’Hôtel Beaurivage un de ses remèdes à la mélancolie. C’est du moins ce qu’il a confié dans l’émission d’Eva Bester. Je les ai découvertes grâce au site officiel, je dois le reconnaître, parce que ses deux premiers albums sont quasiment absents de youtube. En revanche, La vie (titre provisoire) est entièrement disponible sur sa chaîne. On appréciera les textes raffinés que François Morel nous livre. Ma préférée est sans doute Ce baiser, parce que cette histoire d’amour qui perdure  à travers le temps m’émeut. Encore que Pas belle soit celle qui me touche le plus. Il s’agit du portrait d’une jeune fille à qui son entourage fait énormément de compliment mais qui est persuadée d’avoir un physique ingrat. Ce n’est pas sans me rappeler quelqu’un.

La dernière chose que m’évoque François Morel, c’est un petit souvenir de l’été dernier. J’avais vu qu’il jouait dans une comédie musicale française, Sur quel pied danser. Je suis allée voir le film au cinéma à sa sortie. Ce qui m’a frappée, ce n’est pas le film en lui-même : une romance sur fond de fermeture d’usine, un deus ex machina final, l’œuvre ne m’aurait sans doute marquée. Mais il faisait chaud. C’était l’été et il faisait chaud, alors j’ai adoré la salle climatisée. Je m’installe dans le noir, il n’y a personne. Je me dis qu le public arrivera pendant la publicité. Il n’est jamais arrivé. La salle est restée vide. C’est un de mes meilleurs souvenirs au cinéma.

 

Je ne l’ai encore jamais vu sur scène, mais j’ai récemment réservé une place pour son spectacle Hyacinthe et Rose, j’espère ne pas être déçue !

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