Mirabelle

Alsacienne de naissance, expatriée dans le sud de la France… Si une chose me manque dans mon exil, ce sont bien les mirabelles. Petits fruits dorés, plus petits même qu’une prune et qu’on consomme en tartes, en confitures ou crues, je les aime sous toutes leurs formes. Elles ont le goût de la nostalgie et des tartes de ma grand-mère maternelle. Malheureusement, en dehors de la Lorraine (dont elles sont originaires), et des régions limitrophes, les mirabelles s’exportent à prix d’or. Aussi ne puis-je en manger qu’une fois par an, quand je retourne en terre natale. J’y mange aussi beaucoup de myrtilles sauvages, que je n’ai pas l’occasion de manger chez moi.

Depuis quelques temps, les mirabelles ont pour moi une saveur encore plus particulière. Je les associe désormais au titre de MC Solaar qui porte leur nom (extrait de l’excellent album Géopoétique). On y raconte la funeste histoire d’un petit village de l’est de la France décimé pendant la première guerre mondiale, et dont « les seuls témoins sont les mirabelles ». Son aussi cités quelques mots d’un poème de Charles Péguy cher à mon cœur : « adieu Meuse endormeuse ».

En ce mois de mars, nous sommes suffisamment loin de l’été passé pour que je manque de mirabelles. Mais l’été reviendra (et je pourrai probablement en manger à nouveau.)

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