Pourquoi j’ai adopté un végétal de compagnie

J’ai souvent souffert de solitude.

Parfois sans m’en rendre compte : enfant déjà, je m’imaginais des histoires extraordinaires pour tromper mon ennui. J’ai gardé cette habitude, et aujourd’hui encore les salles d’attente sont pour moi les lieux où je m’ennuie le moins, précisément. Il y a là-bas quelque chose de fertile pour l’imagination, dans le silence et les plantes en pot.

Parfois, j’étais seule par ma faute. Je boudais les autres. J’attendais qu’ils viennent m’inviter dans leurs rondes, mains ils ne venaient pas. Ou plutôt, ne venaient que ceux qui se moquent, ceux qui se croient meilleurs parce qu’ils ont une cour autour d’eux. Être (avec d’autres) était difficile.

Et puis d’autres fois, j’étais seule pour d’autres raisons : par habitude, par malchance, par hasard, par nécessité, parce que c’est difficile d’être plus de deux, parce que je ne savais pas que j’avais le droit d’exister.

Quand on n’est ni très à l’aise avec soi-même, ni très douée avec ses semblables… on se tourne souvent vers un compagnon issu d’une autre espèce. A vrai dire, le plus souvent, un animal.

Mais, voyez-vous, j’ai déjà du mal à m’occuper de moi. Si je répète à longueur de temps que je préférerais ne pas avoir d’enfants parce que j’ai moi-même été très mal éduquée, ce n’est pas pour reproduire les même erreurs sur le premier quatre pattes qui passe !

Alors je me suis tournée vers un végétal. Accompagnée de mon fidèle expert en végétaux, nous nous sommes rendus dans une jardinerie et nous avons adopté une magnifique petite plante d’intérieur (et cherché un pchit pour humidifier ses petites feuilles). C’était il y a un mois et demi.

De cette première période de cohabitation, je retire un intense plaisir à m’occuper d’elle. Elle est à la fois très sage, docile et adorablement facétieuse. Ses goûts musicaux et littéraires sont exquis. Elle manque parfois un peu de conversation, mais qui pourrait se plaindre face à une telle beauté ?

Et même si elle est un peu exigeante concernant ses apports en eau, je l’aime très fort dans mon petit cœur.

Aussi je pense pouvoir chaudement recommander l’adoption massive de végétaux de compagnie. Peut-être que mon propre végétal aura lui-même bientôt un nouvel ami pour lui serrer la feuille quand je m’absente.

2 commentaires sur “Pourquoi j’ai adopté un végétal de compagnie

  1. J’approuve ton choix ! Ta compagne semble très aimable, et son arrosage apparemment fréquent fait que tu lui es indispensable. Je te prie, s’il te plaît, de lui transmettre un gentil bonjour de ma part.

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