Pourquoi je voudrais être un chat

«Moi vouloir être chat

Me frotter contre tes bas»

On y pense, hein ? On se dit parfois qu’on aimerait être un animal pour échapper à sa condition d’humain, aux impératifs, à tout ce qu’on attend de nous en permanence. Ces choses qui nous assaillent à chaque instant, auxquelles nous nous soumettons même sans pouvoir trop s’y soustraire. On rêve d’avoir un pelage doux qu’on caresse, ou un propriétaire aimant qui nous offre et la chaleur d’un foyer, et la douceur d’un  repas.

De tous les animaux qui dépendent de l’homme… Si en tant que compagnon je préfère le chien, il me semble plus judicieux de vouloir adopter la forme d’un chat : de gouttière ou d’appartement, il règne sur la ville et la campagne. Plus pérenne que celle du hamster qu’on secoue ou qu’on écrase, moins exigeante que celle du chien qu’on essaie de dresser, plus reposante que celle du poisson rouge qui s’étouffe dans sa propre crasse, adoptez la forme féline !

Déjà, personne n’attend grand chose de lui. Vous me direz : « Mais si, on veut qu’il soit doux et mignon, qu’il fasse des bêtises avec des cartons comme sur les memes, et qu’il prenne des poses lascives à longueur de journée. » Ce n’est pas faux, mais le chat a un super pouvoir ! Pire qu’une enfant en bas âge – la chair de votre chair – vous trouverez votre chat adorable. Oui, même et surtout votre chat pelé à trois pattes qui détruit votre canapé plus souvent qu’il ne vient se frotter à vous.

On aborde là un autre point important : le chat peut être ingrat. On attend du chien amour, fidélité et reconnaissance éternelle. En fait-on autant pour le chat ? Mais non, pas du tout ! En tant que chat, vous pourrez allègrement lacérer les bras de vos propriétaires et/ou des inconnus qui passent (ça fait toujours plaisir, je vous assure) pour signifier vos petites sautes d’humeur. On ne vous en tiendra pas rigueur, et votre adorable maître prétextera qu’on ne vous a pas caressé dans le sens du poil. « Non, pas ce sens du poil, roooooh, l’autre sens du poil. » accompagné d’un mouvement en forme de vague très complexe.

D’ailleurs, nul besoin de gagner votre vie. Le chat ne fait rien, ne produit rien, tout au plus quelques marques de son passage sur les meubles. Ne vous en fait pas, on ne va pas vous apprendre des tous complexes ni vous enfermer dans un labyrinthe complexe dont il faudra trouver la sortie. On a déjà fait le deuil de votre intelligence. Ou plutôt on dira « il est bien trop intelligent et indépendant pour ça, ça ne l’amuse pas. » Alors vous pourrez faire ce que vous voudrez en menaçant de déchiqueter un par un tous les meubles et les rideaux en l’absence de votre cher humain. Enfin, je suis un peu injuste : vous lui offrirez bien de temps en temps un beau cadavre bien frais, en plus ou moins bon état ; qu’il jettera, comme la personne impolie qu’il est, avec les ordures. Mais vous le lui rendez bien, en délaissant ses jeux et offrandes pour faire la sieste.

Être un chat, c’est se garantir la certitude d’une vie confortable. Vous ne voulez pas rester errant ? Mais il y aura toujours une vieille célibataire qui possède déjà quatre de vos congénères pour vous recueillir ! Vous n’aimez pas la décoration ?  Détruisez là ! Vous avez envie de dormir toute la journée ? Mais ne vous privez pas, c’est bien naturel ! Il y a une réponse de chat appropriée à toute situation. Et comme disait mon maître à penser, le Professeur Shadoko… « S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. »

2 commentaires sur “Pourquoi je voudrais être un chat

  1. Je ne sais plus qui c’est qui l’a dit, mais :
    “Le chien voit que l’homme le nourrit, le protège et l’aime, il se dit : c’est mon dieu.
    Le chat voit que l’homme le nourrit, le protège et l’aime, il se dit : je suis son dieu.”

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