Pourquoi j’écoute les radios du service public

J’ai, depuis mon plus jeune âge, porté un amour inconditionnel aux diffusions audio, et plus spécifiquement à la radio. Ces petits bouts de voix sans personne autour pour les dire avaient un goût de mystère. Le « ton de radio » doit y être pour beaucoup : des intonations que personne ne prend dans la vie courante, qui hier me charmaient et aujourd’hui me rebutent tant elles sonnent comme une habitude à mes oreilles. Non pas que j’aie quoi que ce soit contre l’habitude, mais ce ton insipide et qui berce semble être une facilité. Par opposition, tout ce qui se démarque semble couvert d’or.

Enfant je n’y prêtais pas attention, d’ailleurs les stations que j’écoutais étaient souvent locales, et diffusaient beaucoup de musique. D’une enfance à écouter Nostalgie et RFM, ma culture musicale se trouve un peu en décalage par rapport aux autres jeunes gens, mais aussi par rapport à mon père ancien soixante-huitard, à ceux qui ont vécu l’époque.

Quand j’ai commencé à utiliser les sites d’écoute en streaming de type Deezer ou Spotify (pour ne citer qu’eux), j’ai vite réalisé la désuétude de la radio en tant que système de diffusion de musique. J’écoutais jusqu’alors la radio pour pallier les manques que je percevais dans la discothèque familiale. Ces services me permettaient non seulement d’accéder légalement à un répertoire immense, bien plus grand que celui offert par la radio, mais en plus je ne dépendais pas de la volonté d’un quelconque programmateur. Ou de l’audience qu’il surveille, des subventions par les maisons de disques et autres règles qui dictent ses choix. J’étais libre, si libre !

Les émissions de ces stations valaient d’ailleurs bien peu. C’est aussi à cette époque que j’ai découvert les podcasts. J’ai tout de suite été charmée par le concept : écouter quand je le voulais des gens parler. Parler sur un sujet que je pouvais piocher en fonction de mes envies. Parler quand je le voulais, puisque tout était téléchargeable. A l’époque, le direct n’était pas aussi performant et de ce fait bien moins à la mode. J’ai pris le goût du dialogue enregistré assez rapidement, et suis vite devenue une fidèle de certaines émissions.

Quelques années plus tard, une amie dont les parents écoutent régulièrement France inter me fait découvrir quelques émissions, pour la plupart arrêtées aujourd’hui. Et là c’est l’épiphanie ! Je découvre un mélange d’émissions intéressantes et de chansons diffusé en continu sur la journée. Voire les deux en même temps, Là prochaine fois je vous le chanterai nous a prouvé, et avec panache encore, que l’association fonctionne à merveille ! J’aurais pu passer mes journées devant le poste… Même les playlists diffusées lors des grèves me mettaient toujours en joie, et ce n’est pas chose facile. La fin de mon collège a clairement été illuminé par cette station estampillée Radio France.

Au lycée, et forte d’une culture fraîchement acquise, je me laisse divaguer sur France culture. J’y découvre quelques programmes tendres, bien loin de l’élitisme que lui reprochent parfois ceux qui n’écoutent pas. Des feuilletons radio aussi, des lectures, des entretiens qui me passionnent… de quoi faire rêver mes oreilles adolescentes.

L’évasion musicale, c’est la grande grande découverte de Fip. Les voix douces qui parlent peu voire pas, mais surtout cette idée étonnante : l’éclectisme. Et à la radio, en plus ! Aujourd’hui, et même si je suis toujours un peu réticente dès qu’il faut écouter de la musique à la radio, j’écoute encore Fip de temps à autres parce que je suis sûre d’y découvrir des artistes inconnus de moi et qui méritent le coup d’oreille.

De toutes les radios que j’ai pu citer, si (à quelques émissions près) j’écoute aujourd’hui un peu moins France inter et Fip, mais beaucoup plus France Culture… j’apprécie le contenu. Généralement, à l’antenne, on se perd moins en vaines polémiques que sur certaines radios privées. Le racolage, basé sur la présence de quelques verbeux dont l’élégance égale celle d’un charretier, m’insupporte. Je n’écoute plus désormais la guerre des ego si elle a lieu sur les ondes, préférant encore en lire les résumés dans la presse si besoin est. Que la voix douce d’Eva Bester reste mon signe de ralliement, et pour des années encore, je l’espère !

Quelques émissions intéressantes :

 

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