Tapir

Le tapir est un animal un peu gauche, un peu drôle, un peu touchant avec son grand nez. Il a ce charme que caché que je déniche chez tous ceux qu’on dit laids, et qui prête à la rêverie.

Si le tapir du Brésil arbore un pelage uniformément brun, le tapir de Malaisie singe le zèbre avec audace. Mais le pauvre est si maladroit, et si peu informé sur les autres animaux asiatiques, qu’il ne se rend sans doute pas compte de son erreur. Peut-être est-ce même précisément parce qu’il n’a jamais vu de zèbre, et qu’il n’a retenu que l’idée de rayure, qu’il arbore ainsi ces trois bandes verticales : une blanche prise au piège entre deux noires.

On peut cependant constater que cette méconnaissance est à double sens : j’entends beaucoup de mes congénères affirmer que le tapir mange des fourmis. Quelle erreur ! Le tapir ne chasse pas les petites bêtes, il se nourrit uniquement de feuilles. Aussi, bien que son nez ne serve pas de trompe, déjà il vous abuse, et vous imaginez une vie de tamanoir à ce végétarien.

Mais là où le tapir se révèle dans toute sa beauté, c’est quand il est enfant. Il exhibe sur son dos des marbrures de marcassin. Vulnérable et splendide. Non, le tapir n’est pas beau, il est magnifique !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.